Aujourd’hui s’achevait notre séjour au Kruger Park. Cinq jours cloîtrés dans une voiture dont il était strictement interdit de sortir, exception faite du soir dans des campements barricadés comme des prisons. Cinq jours fantastiques qui s’étaient écoulés trop vite.

Un safari dans le Kruger

Nous venions de passer notre dernière nuit sous la tente, bercés par le barrissement des éléphants et réveillés à l’aube par le tintouin des Vervet Bleus, une espèce de singes qui pullulait tout autour du camp. Aujourd’hui, nous prenions la route du Kruger pour la dernière fois.

Dans notre Polo Volkswagen rouge, aucune chance de nous camoufler. Mais nous avions compris dès les premières minutes passées dans le parc que cela ne constituerait pas un problème.

A quelques mètres du camp où nous avions posé la tente pour la dernière fois, nous assistâmes au festin d’une meute féline. En réalité, à cet instant, seul le chef de la troupe goûtait à la viande fraiche, un buffle d’une taille honorable mais déjà à moitié entamé. C’était la part du lion. Celles qui avaient ramené ce butin attendaient docilement – avec leurs petits – leur tour pour se restaurer. Déjà une nuée de vautours s’agglutinait sur l’arbre sous lequel se déroulait la scène du crime, prête à en nettoyer les dernières preuves.

Notre émerveillement face à la nature ne faiblissait pas, mais nous ne stoppèrent guère bien longtemps.

Lions - Big Five du Kruger

A la recherche du dernier des Big Five du Kruger

Nous avions vu tous les Big Five. Lions, buffles, éléphants, rhinocéros s’étaient montrés généreux et peu farouches. Chaque jour, nous croisions des dizaines d’entre eux, et nous nous extasions à leurs moindres faits et gestes.

Nous les avions tous vus, sauf un. Ainsi donc, notre dernière journée serait entièrement dédiée à la recherche du dernier des Big Five du Kruger, le Léopard. Notre stratégie consistait à rester sur les artères principales du parc, ne pas nous aventurer sur les chemins de terre, et ce dans le but de maintenir le contact avec les rares automobilistes qui, comme nous, passaient les lieux au peigne fin. Il s’agissait de ne pas se priver d’informations primordiales comme la désignation d’un spot où il aurait été repéré.

La journée était déjà bien entamée et la tension commençait à m’épuiser. A plusieurs reprises, Benoît me prit le volant des mains pour redresser la voiture qui s’éloignait dangereusement de la chaussée. Mes mouvements suivaient irrésistiblement mon regard rivé sur les étendues arides qui bordaient la route, à l’affut du moindre mouvement animal.

Tout à coup, je freinai sec. Un éléphanteau venait de faire son apparition et s’engageait sur la route. Fripé comme un vieillard de 90 ans, il n’était probablement pas âgé de plus de quelques mois et pesait déjà sa tonne. Un second déboula, plus près de nous cependant. Nous craignions désormais l’arrivée de leur mère, qui n’hésiterait pas une seule seconde à empaler la voiture si elle la jugeait menaçante pour sa progéniture. Elle entra en scène peu de temps après, majestueuse et intimidante. J’avais coupé le moteur, nous retenions notre souffle. Avec des gestes lents mais une à vitesse paradoxalement très rapide, elle traversa la route.

Nous repartîmes sitôt les lieux dégagés en quête de notre graal.

Eléphant dans le Parc Kruger en Afrique du Sud

 

L’élégant, le majestueux

Nous croisâmes un peu plus loin un lot de véhicules, arrêtés sur le côté de la chaussée. Benoît ouvrit sa fenêtre et s’enquit de la raison. La dernière fois que nous avions rejoint un tel attroupement, nous avions assisté à l’accouplement de lions ! Nous étions donc tout excités.

« A leopard! » nous cria un homme. Avec la réactivité d’un chef d’armée, Benoît m’ordonna de faire demi-tour et de prendre à faible allure le chemin qui s’engageait sur notre gauche. Effrayée par les voitures, la bête s’éloignerait sûrement dans notre direction. La battue commençait. Benoît tenait son appareil photo dans ses mains moites de sueur. Mais après un quart d’heure de recherches infructueuses, il fallut bien nous résoudre à revenir sur la route. Les voitures, lasses elles aussi, avaient filé vers l’horizon. Mon attention se relâchait quant Benoît cria tout à coup « IL EST LA ! ». Je pilai et regardai par-dessus son épaule. Il était là effectivement, le dernier des Big Five ! Le plus discret, le plus beau, le plus élégant, le plus majestueux ! A un mètre de nous !

Sur le bord de la route, il nous inonda de sa présence quelques secondes, puis disparu à tout jamais dans le fourré. Pétrifié, Benoît n’avait même pas eu le temps de le capturer dans son appareil.

Dessin du léopard du Parc Kruger en Afrique du Sud

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Chloé Beaudet

Écrivaine sensible, Chloé est une aventurière petit format. Elle aime à partager ses aventures à travers des récits de voyages d'une plume virevoltante et romanesque.

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Colombie - Parc de Tayrona

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